Ometepe Island

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Le 4ème jour j’ai quitté Libéria pour l’île d’ Ometepe, dans le sud du Nicaragua. On a embarqué dans des bus, passé la frontière à pied après avoir payé des taxes d’entrées et de sorties aux montants fluctuants et grimpé sur un ferry pour rejoindre la ville de Moyogalpa.

Moyogalpa est très charmante, avec une ambiance un peu caribéenne, très colorée, très chill et une très jolie petite église jaune. L’île est volcanique, au sud le volcan Maderas, vert et luxuriant, au nord le volcan Concepcion, plus sec et rocailleux. Les deux parties ressemblent à un sablier, au centre duquel est située une mangrove.

Le soir, les rues sont calmes, à l’exception du Kocha Bomba, un karaoké où les locaux viennent pousser la chansonnette. Les tubes du pays se sont enchaînés, j’ai déjà appris leurs refrains, et on a massacré des chansons de Shakira. Entre deux sessions, le DJ passait tous les tubes de Sean Paul tandis que des femmes dansaient lascivement avec leurs novios.

Ce matin on est partie pour le sud de l’île, encore moins peuplée, dans la Finca (ferme) Zo Pilote, qui m’avait été recommandée par ma prof d’espagnol. Dans cette partie de l’île les hostels ressemblent à ceux qui devaient peupler Kho Pangan en Thaïlande il y a 30 ans. 

La ferme est étendue sur plusieurs hectares, entre la jungle, les plantations de café, de haricots et de bananes. Une reception à laquelle est attachée un petit resto et une aire de repos avec le wifi, où s’entassent les backpackers rechargeant leurs téléphones, et tout autour des cabanes dans la jungle, des hamacs, pas d’électricité, des chiottes au compost et des douches dans la nature. Une plateforme de yoga où des cours gratuits sont dispensés, et des jardins potager. Des petits signaux indiquent « you are loved » «  you are beautiful » « food made with love » un peu partout. Des ptéroglyphes, vieux d’il y a mille ans sont aussi visibles un peu partout dans le coin. Le Nicaragua doit son nom à la tribu des Nicarao, implantée sur les berges du lac, et dont le chef fut le premier en contact avec les Espagnols en 1502. 

Les quelques jours passés ici m’ont un peu replongée dans ce que j’ai pu ressentir au Festival Nowhere ou à Kho Pangam justement. Comme à chaque fois que je me retrouve dans ce genre d’endroit je suis partagée entre l’envie d’apprendre de nouvelles choses (acro yoga, aerials, méditation, etc.) et l’envie de me barrer loin de ces faux hippies qui prônent l’amour de l’autre et le retour à la nature mais ne jettent pas leurs bouteilles de bière à la poubelle une fois saouls et n’adressent pas un mot aux guides ou aux locaux qui, lors d’une fête organisée chaque semaine,  nous ont dit qu’ils avaient du mal à discuter avec les « extranjeros » - ils étaient tout heureux qu’on reste discuter avec eux.

Un trek de 8h nous a permis de monter un des deux volcans, le Maderas, dont le cratère, inactif depuis 30 ans est rempli d’eau fraiche. Toute la semaine j'ai dormi dehors, dans un hamac autour duquel est installé une moustiquaire, enveloppé dans un sac de couchage je me sens comme dans un cocon, c’est surement ce que ressentent les foetus dans le ventre de leur mère, je fais une regression. L’air frais et les bruits de la jungle me bercent, et j’ai hâte de m’y enfoncer plus profondément.

Aude Castan